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Sanctions de la CEDEAO contre le Mali : Quel effet sur l'économie des pays frontaliers ?

Sanctions de la CEDEAO contre le Mali : Quel effet sur l'économie des pays frontaliers ?

il y a 3 mois | by: David Kodjani

Le bras de fer entre la CEDEAO continue avec les sanctions toujours en vigueur. Des sanctions qui apparemment font plus de mal aux autres qu’au pays ciblé.

En effet et aussi étonnant que cela puisse paraître, selon un haut cadre de la BCEAO, le seul pays qui a un solde positif dans ses comptes (un peu plus d'argent) dans les caisses, c'est le Mali.


A cause des sanctions, Dakar a déjà perdu plus de 600 milliards FCFA.


Au Togo, les prix des produits alimentaires ont flambé sur les marchés de la capitale et certaines localités du pays.


La Côte d'Ivoire, lui, est déjà à 800 milliards de Fcfa de perte avec une augmentation des prix.


Le Niger n'est pas en reste. Les prix ont doublé ce qui complique la vie de la population.


Pour le moment, le seul pays qui semble tenir c’est le Mali. Les prix n'ont pas encore augmenté. Les entrepôts de riz, sucres et farine sont toujours aussi bien garnis.


Pourquoi le Mali semble tenir bon ?


Selon le haut cadre de la BCEAO : 


  • L'Etat malien avait demandé, le 30 janvier, 345 milliards auprès de la BCEAO qui a répondu favorablement en transférant à L'Etat malien 290,1 milliards de Fcfa ce qui représente 92% de la somme demandée. Récemment, la même BCEAO a satisfait la nouvelle demande de l'État malien à  hauteur de 82% soit 282 milliards de Fcfa des 345 milliards demandés.


  • Le Mali, comme tous les pays africains francophones, a un taux de bancarisation assez faible qui tourne autour de 15,5%. C'est-à-dire, sur les 20 millions d'habitants au Mali, il n’y a que 4 millions de maliens qui possèdent un compte bancaire. (Chiffres de 2020). Vu l'instabilité du pays, ce taux doit être à la baisse. Ce qui veut dire que, la grande majorité des maliens gardent leur argent sous le matelas à la maison. Ils payent tout avec du cash. Et donc, punir les banques maliennes ne peut avoir d'impact dans l'immédiat.


Sur la question de savoir pourquoi satisfaire en sous-marin, la demande en liquidité de l'État malien sans en informer la Côte d'ivoire, le Sénégal, le Togo, le Niger, le Bénin ? La source anonyme fait comprendre que “c'est pour éviter que le Mali ne batte sa propre monnaie.”


Il est donc clair que l’économie des pays frontaliers du Mali est la plus touchée par les sanctions de la CEDEAO. Vivement la sortie de crise et l’annulation des restrictions.