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Le Sénégal et le pari de la construction bioclimatique

Le Sénégal et le pari de la construction bioclimatique

il y a un mois | by: David Kodjani

Le Pritzker Prize 2022 (l'un des prix d'architecture les plus prestigieux au monde) a mis en lumière les constructions écoresponsables de l'architecte germano-burkinabé Diébédo Francis Kéré.

Ce courant architectural encore relativement confidentiel fait de plus en plus d’émules sur le continent africain. 


Au Sénégal, le secteur du bâtiment est en plein essor, et la plupart des édifices sont réalisés en béton. Mais une nouvelle génération d’entrepreneurs et d’architectes fait bouger les lignes. C’est le cas de l’atelier Worofila, spécialisé en architecture bioclimatique.


Cette grande maison en brique de terre crue est l’un des premiers projets du cabinet Worofila, cofondé par l’architecte Nzinga Bigué Mboup.


Les clients étaient très marqués par des références d'architecture traditionnelle, notamment au nord de l'Afrique”, a expliqué l'architecte à nos confrères de RFI. “En termes de plans, la ventilation traversante est quelque chose qui était primordial pour nous. On se met dans la direction des vents dominants, donc on a des ouvertures de chaque côté des pièces, et la brique de terre comprimée crée de l'inertie thermique au niveau de l'enveloppe, notamment des murs extérieurs.



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Elementerre est une autre société de référence. Elle est spécialisée dans la brique en terre compressée BTC. L’entreprise produit aussi des panneaux isolants en typha, une plante envahissante. “Sans avoir à dépenser de l'énergie, on peut produire des bâtiments qui sont très efficaces et qui sont très durables”, explique Doudou Dème, son directeur. “C'est ce qu'on a toujours fait, on n'est pas en train d'innover, on est juste en train de refaire ce que nos ancêtres avaient fait en utilisant des nouvelles technologies pour aller plus vite, pour avoir un peu plus de résistance.


Même si certains pensent que ce n'est pas un matériel moderne, et que d'autres disent que c'est le béton qui est la solution, la demande est croissante. 


Le défi pour Nzinga Mboup et Doudou Dème est maintenant de passer à la vitesse supérieure : “C'est un bon début, mais au-delà de la maison individuelle, il faut qu'on passe à une plus grande échelle et qu'on réfléchisse réellement à créer des quartiers éco responsables parce qu'au-delà de ce qu'une maison peut faire, il y a les égouts, il faut qu'on pense aussi au végétal”, affirme le premier.  


On est dans la phase où il faut qu'on travaille à former les entreprises à appréhender ces matériaux, et à construire avec ces matériaux”, poursuit le second. “On a un manque d'entreprises qualifiées capables de répondre à la demande.


Un retour à la terre comme alternative pour l’avenir.